La nature, son observation et son respect sont à l'origine des pratiques que je vous proposent.
En route pour le continent amérindien, dans sa forme ancestrale, pour retrouver un peuple, maintenant mythique, les indiens d'Amérique. Je vous invite à pénétrer dans un espace de vie qu'ils inventèrent, « la roue de médecine » avant de se retirer dans la mémoire collective des peuples.

La roue de médecine, aux interprétations multiples, est apparue sur le continent amérindien. La description, qui en est faite ici, est une synthèse qui alimente les recherches et découvertes de C. G. Jung. Elle donne naissance à une véritable explosion de théories et pratiques, chez les chercheurs américains, qui gagnent la terre entière depuis le début du XXe siècle.

Au temps des origines amérindiennes, la roue de médecine se représente sur le sol. L’observation de la nature permet à l’homme de donner sens à son existence. L’activation du cerveau droit est source d’inspiration, d’intuition, d’inventivité, de créativité, en prise avec le spirituel, le divin. La terre devient un être vivant, la mère de toute créature.

L’observation des rythmes des saisons, des mouvements du soleil, des directions géographiques et des cycles de la vie participent sans doute au choix du chiffre 4 qui devient sacré pour les peuples autochtones d’Amérique du Nord.

Par-delà les rituels ancestraux, les coutumes et usages culturels, chaque homme s’implique dans son dessin. En se racontant sur le sol, il s’incorpore et donne sens à sa vie.

La roue de médecine est un support structuré qui prend vie dans la métaphore. Son contenu est l’illustration du fondement de la psyché.
Les archétypes, figures originelles de notre humanité, y prennent vie, ils y sont désignés, observés, ressentis et vécus de l’intérieur, en un mot incorporés.
Au centre de la roue, l’Endroit de paix, le point focal favorable à la relaxation. Tout état méditatif, de calme et de centrage facilitent la compréhension de ce voyage intérieur.
Cet état assimilable à l’état second, sophrologique ou hypnotique, permet la concentration qui favorise la maîtrise de nos facultés physiques, mentales et spirituelles. Les sportifs, les artistes, toute personne dans l’épreuve peut se connecter avec ce niveau de conscience qui augmente considérablement nos capacités globales.
En ce lieu, nous rencontrons le Guide, représentant synthétique des archétypes, le communicateur, le passeur en mouvement. Sa représentation varie avec la culture et la maturité de chacun. Les techniques de visualisation sont nombreuses.
Il est bien entendu que nous nous trouvons là dans un monde introspectif. Cependant, les sportifs d’un bon niveau, qui par nature sont en prise avec la réalité matérielle, pratiquent naturellement cette technique qui leur confère maîtrise et puissance.
Dans cet environnement, se trouve l’Animal totem ou animal de pouvoir. Il exprime nos instincts originels dans leur nature virginale. Au plan spirituel, c’est l’homonyme amérindien de l’ange judéo-chrétien.
Les Amérindiens vivaient la représentation animalière et s’incorporaient dans l’animal avec lequel ils partageaient des similitudes comportementales, physiques et psychologiques.
Actuellement, la psychologie transpersonnelle développe une démarche similaire pour aider à l’élargissement et au développement de la conscience. Cela offre l’immense avantage de regarder le monde animal avec plus de sensibilité et d’intelligence, ce qui déjà est un bel avantage. La réponse de l’animal est bouleversante. Ainsi des personnes que l’on regarde avec inquiétude ou respect cohabitent avec des animaux redoutables, un lien profond et secret les unit.
Au Nord, le Guerrier, vertical et présent. C’est l’intelligence du corps, l’expression moderne de la fonction sensation, kinesthésique, la perception au monde à travers les cinq sens, l’attention au réel, au présent. C’est le fondement de la personnalité.
Un homme qui pose en lui la présence du guerrier intérieur sécurise son environnement, il dit ce qu’il fait, il fait ce qu’il dit. Il est assimilable à la fonction sensation qui positionne, ancre, affirme, structure, l’épine dorsale de la vie, le bon sens terrien, l’oxygénation des cellules, le mouvement, la santé du corps. « Une âme saine dans un corps sain. » Un sportif de haut niveau est pourvu d’un guerrier intérieur de qualité, mais aussi toute personne bien dans sa tête, animée de puissants projets dans tous les domaines. La vie est affrontée comme un défi, avec un profond respect pour la nature...
Au Sud, le Guérisseur, l’accueil, l’intelligence du cœur, l’expression de la fonction sentiment, celle-ci permet de juger en bon et mauvais, bien ou mal, sympathique ou antipathique sans critère intellectuel.
Bizarrement, aujourd’hui, les médecins s’apparentent plus à des chercheurs qu’à des soignants, c’est mon observation à travers ma modeste expérience professionnelle. Dans l’économie ancienne, le guérisseur est plus dans l’empathie. La fonction sentiment n’est pas assez présente chez le médecin, c’est la fonction pensée qui domine. La fuite des patients vers les soignants improvisés et le manque de fidélité au médecin traitant peuvent expliquer une autre attente, une frustration, un mécontentement.
Au couchant, l’Enseignant, la confiance, l’intelligence globale, l’expression de la fonction pensée. Cette fonction juge en vrai ou faux, juste ou injuste. Capable de logique et d’analyse. C’est un instrument de réflexion.
Là aussi les enseignants semblent de plus en plus dépassés, ce n’est pas uniquement le fait de l’évolution des mœurs chez les jeunes. La formation des enseignants est peut-être à repenser, je constate simplement que ce n’est pas en adéquation avec les valeurs ancestrales préconisées dans la roue de médecine. Bien sûr, on peut sourire, qui sont les Amérindiens ? Qu’ont-ils fait de si exceptionnel ?
Au levant, le Visionnaire. Il incarne la transcendance, la vérité, l’intelligence de l’intuition. Cette fonction est le cordon ombilical qui nous relie au divin. C’est la fonction du devenir, la perception de l’avenir et la mémoire essentielle.
Dans notre monde moderne, c’est le sage éclairé, l’inspiré, il existe, ils existent, mais par vocation échappent au réalisme politique, économique et surtout financier. Ils ne sont pas suffisamment écoutés. La dérive écologique en est l’inquiétante démonstration.
Jadis, les Amérindiens aimaient se nommer « Hommes véritables ».
La roue de médecine était leur œuvre. Ils avaient certainement réalisé l’une des plus intéressantes symbioses homme-nature et même la symbiose homme-homme. Ils se considéraient comme appartenant à la nature, ils n’avaient pas la prétention de la maîtriser. Ils ne possédaient rien et n’avaient de droits sur rien.
Relativement au guerrier, celui-ci se peignait le visage, se coiffait de plumes pour affirmer son statut, mais aussi pour être reconnu, identifié et combattu exclusivement. La guerre était un jeu aristocratique où l’on pouvait rivaliser de courage. Quel ne fut pas leur étonnement de constater que les Occidentaux tuaient tout le monde, y compris les vieux, les femmes et les enfants. C’était pour eux incompréhensible.
Relativement au guérisseur, la vénération et la confiance au chaman étaient si grandes que l’interaction devait avoir un effet positivement bénéfique. Les Indiens connaissaient les propriétés soignantes de l’aspirine, de la quinine, du cacao... La nature était la mère nature, elle portait en elle des réponses, tout au moins le croyaient-ils, cela entretenait une confiance qui favorisait la guérison. Notre effet placebo contemporain, facteur essentiel de guérison.
Relativement à l’enseignant, toute vie humaine, animale et végétale appartenait à un grand ensemble indissociable pour lequel on avait un égal respect. L’individualisme était proscrit et source de honte... Il me semble que l’auto-enseignement s’exprimait naturellement... Il ne restait plus qu’à voir, entendre et sentir, et l’intelligence agissait.
Relativement au visionnaire, le cordon ombilical avec la mère nature était intact, le divin s’inscrivait dans les actes quotidiens. La création et le créateur vivaient en symbiose.
Au début du XXe siècle, des interrogations nombreuses demeurent sur le devenir de notre monde, quand les bonnes intentions humaines sont confrontées à de puissants systèmes qui absorbent sans compter les ressources terrestres et les énergies humaines. A l’instar de chronos dévorant sa progéniture, la culture matérialiste œuvre aveuglément pour mettre un terme à l’espérance de la roue de médecine amérindienne.